À l’occasion du Bicentenaire de la Photographie, cette exposition propose de retracer l’histoire d’une découverte qui a transformé les arts, les sciences et la perception du monde À et…
À l’occasion du Bicentenaire de la Photographie, cette exposition propose de retracer l’histoire d’une découverte qui a transformé les arts, les sciences et la perception du monde moderne. À partir des fonds photographiques, des archives et des collections patrimoniales conservés par l’Institut de France, l’exposition pensée comme un cabinet de curiosités a pour intention de mettre en lumière les multiples dimensions de la photographie naissante : innovation artistique, découverte scientifique et avancée technologique.
Les collections de l’Institut de France avaient déjà fait l’objet d’une exploration majeure lors de l’exposition Éclats d’histoire en 2004, révélant l’ampleur et la richesse de ces fonds. Cette nouvelle exposition propose un regard renouvelé sur ces collections en privilégiant des œuvres rarement exposées, des albums méconnus et des ensembles documentaires qui témoignent de la diversité des usages de la photographie au XIXe siècle. Au-delà d’une approche strictement historique du médium, elle entend restituer le contexte intellectuel, scientifique et politique dans lequel la photographie s’est développée.
Le parcours s’ouvre sur les grandes découvertes qui ont accompagné l’invention de la photographie. Les recherches de William Henry Fox Talbot autour du calotype introduisent le principe fondamental du négatif reproductible, ouvrant la voie à la diffusion de l’image photographique. Les travaux de Hippolyte Fizeau participent à l’amélioration des procédés et à la stabilisation chimique de l’image. Avec Louis Désiré Blanquart-Évrard, la photographie entre dans l’ère de l’édition et de la multiplication des tirages grâce au développement du papier photographique. Enfin, les expérimentations de Louis Ducos du Hauron sur la photographie en couleurs annoncent les mutations techniques et esthétiques de la photographie moderne.
L’exposition souligne également le rôle décisif joué par les académies dans la reconnaissance officielle de cette invention. En 1839, devant l’Académie des sciences et l’Académie des beaux-arts, François Arago proclame publiquement la naissance de la photographie en présentant le daguerréotype de Louis Daguerre. Cet événement marque un tournant majeur : la photographie apparaît aussitôt comme un outil scientifique sans précédent autant qu’un nouveau langage artistique capable de transformer la représentation du réel.
Très rapidement, la photographie trouve des applications dans de nombreux domaines scientifiques. Dans le champ de la médecine, elle devient un instrument d’observation et d’analyse du corps humain. Les micrographies d’Eugène Thouroude et les travaux sur la radiographie d’ Albert Londe illustrent la manière dont l’image photographique renouvelle les pratiques et médicales et l’étude de la médecine.
L’astronomie constitue également un terrain privilégié d’expérimentation. Les œuvres de Lewis Morris Rutherfurd témoignent des progrès accomplis dans la photographie des astres et de l’importance du médium dans l’observation scientifique du ciel.
Dans le domaine de l’archéologie, la photographie devient un outil essentiel de documentation et de conservation. La mission d’Emmanuel de Rougé photographiait par Aymard de Banvillle ainsi que les travaux d’ Émile Brugsch en Égypte montrent comment l’image accompagne les grandes découvertes archéologiques du XIXe siècle et participe à la diffusion des savoirs, elles témoignent aussi des difficultés techniques à utiliser le matériel photographique dans des conditions climatiques non adéquate et qui poussent les photographes à faire preuve d’ ingéniosité.
La photographie joue également un rôle majeur dans le domaine de la géographie. L’ Ordnance Survey dans le Sinaï, menées dans le cadre des missions britanniques de cartographie, révèlent l’usage scientifique et stratégique du médium. Les photographies de la construction du canal de Panama témoignent quant à elles de l’ampleur des transformations techniques et humaines de l’époque industrielle. Les voyages de Désiré Charnay en Amérique du Sud illustrent le rôle de la photographie dans la découverte des territoires lointains et des civilisations précolombiennes.
L’exposition aborde également les usages politiques et militaires de la photographie à travers les images de la Commune de Paris d’ Alphonse Liébert, qui montrent comment la photographie devient un outil de mémoire, de témoignage et parfois de propagande dans une société traversée par les bouleversements historiques.
Le thème du voyage occupe une place importante dans le parcours. Les albums issus du fonds Schlumberger révèlent le développement d’une culture visuelle du déplacement, de l’exploration et de la découverte du monde. À travers paysages, monuments et scènes de vie, ces ensembles photographiques témoignent de l’émergence d’un regard nouveau sur les territoires et les sociétés observés.
À travers les différentes œuvres présentées, albums de mission, de voyage, manuel de médecine, revues scientifiques,… l’ exposition révèle ainsi comment la photographie s’est imposée au XIXe siècle comme un langage universel au croisement de l’art, de la science, de l’industrie et de l’histoire.
En célébrant deux siècles de photographie, cette exposition invite à redécouvrir l’extraordinaire aventure intellectuelle, scientifique et humaine qui a donné naissance à l’image moderne.