Entre 1681 et 1789, l’agriculture du Haut-Languedoc (Pays toulousain et Lauragais) connait une profonde mutation : l’ouverture du Canal du Midi désenclave cette région.
Impact économique et social du CANAL du MIDI sur l’agriculture et le monde rural du Haut-Languedoc 1681-1789.
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Le conférencier, Jacques MAUBUISSON, de Castelnaudary, est ingénieur agronome et économiste. Il a été lui-même agriculteur dans le Lauragais.
Entre 1681 et 1789, l’agriculture du Haut-Languedoc (Pays toulousain et Lauragais) connait une profonde mutation : l’ouverture du Canal du Midi désenclave cette région. La production de blé et autres céréales, structurellement excédentaire, peut être expédiée facilement et à bas-prix par voie d’eau vers les régions méditerranéennes déficitaires. Cela provoque un nouvel âge d’or : « l’âge d’or du Froment » (c’est-à-dire du blé) après celui du Pastel (1450-1585).
Les propriétaires « maîtres du sol » entendent développer cette culture pour optimiser leurs revenus : augmentation des surfaces au dépend du maïs et modernisation des techniques culturales avec remplacement de la jachère par des cultures fourragères et valorisation du fumier de ferme. Ils sont inspirés par la « première révolution agricole » des Lumières, celle des Physiocrates et des Landlords britanniques.
Les métayers, qui mettent en valeur ces propriétés, restent, eux, très attachés au Maïs, arrivé dans la région à partir de 1637 et dont ils tirent beaucoup d’avantages, y compris leur aliment de base, le « Millas ». Ils résistent donc à la pression des propriétaires.
Les États du Languedoc limitent les surfaces autorisées pour la culture du maïs ; mais surtout, les propriétaires remplacent progressivement les contrats de métayage par des contrats de « maître-valetage », statut qui fait des métayers des quasi-salariés réduits à la portion congrue financièrement. François de VILLELE (1749-1822), grand propriétaire de Mourvilles-Basses, et d’autres propriétaires autour de Baziège (Ayguesvives ou Mauremont) vont jouer un grand rôle pour impulser cette dynamique.
Ainsi à la veille de la Révolution de 89, les propriétaires ruraux sont près de leur apogée et voient leurs revenus exploser. Ils vont bénéficier en premier lieu de la suppression des archaïsmes de l’Ancien régime et être les grands bénéficiaires de la Révolution et surtout de l’Empire. Curieusement, la Restauration leur sera moins favorable.
Le conférencier, Jacques MAUBUISSON, de Castelnaudary, est ingénieur agronome et économiste. Il a été lui-même agriculteur dans le Lauragais.