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Susumu Kamijo. When I Think of You in Spring
expositionGratuitParis 3e
25 avril 2026au30 mai 2026

Susumu Kamijo. When I Think of You in Spring

Source officielle : Que Faire à Paris

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À propos de cet événement

La galerie Perrotin a le plaisir de présenter la seconde exposition de Susumu Kamijo à Paris, après The Sun Inside, présentée en 2023. Cette nouvelle présentation nous immerge dans un univers calme et poétique, peuplé de fleurs monumentales, d'animaux et de paysages aux lignes intuitives.

Le monde peint de Susumu Kamijo est peuplé de larges fleurs, de fruits, d’animaux parfois, papillons, perruches, poisson-voile, et de quelques objets mondains. Occasionnellement, on y croise une figure humaine. C’est un monde calme. On peut apercevoir, à l’arrière-plan, un élément qui nous rappelle à l’échelle de la scène, comme un nuage flottant dans le ciel, une ligne d’horizon sur la mer, une colline colorée. Mais voilà une peinture qui n’essaie jamais de produire l’illusion de la profondeur ni de raconter une histoire.
Si l’on reprend la distinction que l’historien de l’art Leo Steinberg a formulée en 1968 à partir de l’oeuvre de Robert Rauschenberg, avec le modèle de la peinture-fenêtre-verticale d’un côté, et de l’autre, celui de la peinture comme plateau-écran-horizontal ( flatbed picture plan), il est clair que l’oeuvre de Susumu Kamijo s’inscrit dans la seconde catégorie. La présence des signes du paysage y obéit à une logique intuitive, qui a exclusivement à voir avec l’exploration de la planéité de la surface picturale. « Si j’ai l’impression qu’il faut quelque chose à cet endroit, alors j’ajoute un nuage, et cela permet de maintenir un équilibre dans la composition », explique l’artiste. Les choix chromatiques relèvent d’un processus similaire, certaines couleurs et certaines combinaisons de couleurs l’attirant irrésistiblement, pour des raisons ayant à voir avec des impératifs d’organisation de la surface peinte, d’effets visuels et émotionnels, et non de représentation. Quant à ces grandes fleurs – récurrentes dans ses peintures – elles jouent avant tout le rôle d’agents formels. L’artiste décrit la dynamique contenue par leurs formes comme un principe d’expansion d’une zone centrale qui s’ouvre. La fleur est un motif intéressant à peindre, en somme, car elle est capable de créer son propre espace. « Comme un big bang, une nébuleuse » précise-t-il.
À certains égards, Susumu Kamijo peint donc comme un abstrait, un fait déjà relevé lorsqu’il s’est fait connaître en 2016-2017 pour ses séries de peintures sur papier représentant des caniches, séries dont le principe, basé sur les jeux de répétition et de variation du motif, s’avérait propice au développement d’une approche formaliste. Kamijo est né au Japon en 1975, mais il vit aux États- Unis depuis ses seize ans. Et il y a découvert assez tôt la tradition de l’expressionnisme abstrait, qu’il continue de citer, avec l’oeuvre de Milton Avery (l’un des maîtres de Mark Rothko et de Barnett Newman) comme une référence cruciale pour son travail. Ses premières peintures, réalisées alors qu’il était étudiant en art à l’Université d’Oregon, étaient d’ailleurs abstraites.
Mais bien entendu, cette approche par la seule forme ne suffit pas à épuiser ni l’effet, ni la signification de son oeuvre. D’abord parce que le sens de la composition qu’il manifeste dans ses peintures fait écho, de son propre aveu, à une expérience biographique. « J’ai grandi à la campagne, dans les montagnes, à Nagano. Pour moi, voir l’horizon et voir la mer, c’était une expérience vraiment rare. » Et l’on comprend mieux comment une ligne ou le plan d’une étendue d’eau bleutée en viennent à constituer des événements visuels dans ses peintures.
Ensuite parce que la symbolique trouve toujours un moyen de s’y faufiler. Ainsi, la fleur coupée, par-delà la dynamique formelle qu’elle permet d’instaurer dans une composition, est-elle un symbole ambivalent et très commun de l’histoire de l’art occidental, ses représentations mêlant depuis toujours une célébration de la beauté du vivant, et une conscience poignante de sa nature éphémère. « J’aime l’idée de ces deux choses à la fois tragiques et joyeuses, comme si elles se rencontraient, ou comme si elles se croisaient au milieu de la peinture », précise-t-il. Et l’on peut se souvenir ici de la malice qui poussa Warhol à se lancer en 1964 dans la série des Flowers qui reste jusqu’à aujourd’hui l’une de ses plus populaires : il s’agissait pour lui d’offrir quelque chose de plaisant et facile à aimer au public comme à son galeriste Leo Castelli (qui fut le premier à présenter ses peintures d’hibiscus). En bonus : le motif lui permettait de continuer à cultiver, bien que discrètement, son obsession pour la mort, dans la lignée des allégories de Death and Disaster, série d’images d’accidents et catastrophes mortelles en tout genre à laquelle il oeuvrait depuis 1962.

J’aime l’idée de ces deux choses à la fois tragiques et joyeuses, comme si elles se rencontraient, ou comme si elles se croisaient au milieu de la peinture

Susumu Kamijo, artiste.

Pour Susumu Kamijo, la peinture a quelque chose à voir avec une discipline du temps. Il travaille sur une peinture à la fois. Il arrive que quelque chose lui échappe. Parfois le processus se déroule bien, et parfois non. Il continuer d’essayer jusqu’à ce qu’il « attrape quelque chose », explique-t-il. Qu’il se considère comme un simple vecteur par lequel sa peinture surgit dans le monde, et qu’il éprouve un « plaisir ultime » à être contrôlé par elle, comme il dit, inscrit sa pratique dans la longue tradition des peintres médiumniques, Hilma af Klint en tête.
Mais ce discours a aussi à voir avec quelque chose de plus terre à terre, mais tout aussi crucial, que sont les conditions temporelles de son travail d’artiste. La possibilité de s’isoler à l’atelier, parfois très tôt le matin, celle d’organiser librement sa journée, de travailler en s’excluant temporairement du déluge informationnel qui caractérise notre époque. Et de construire un moment dédié exclusivement à la peinture. Pour un artiste qui s'est dévoué pleinement à la peinture à la fin de la trentaine, cette méditation en acte sur la valeur du temps – celui dont on dispose pour soi, mais aussi celui qui nous reste – est particulièrement significative.
Elle le sera aussi pour celles et ceux qui regardent son oeuvre. Et qui pourrons suivre sa suggestion : choisir dans l’exposition un tableau qui leur plait, un seul, et lui donner du temps.

Dates et horaires à Paris 3e

Du 25/04 au 30/05 : les mardis, mercredis, jeudis, vendredis, samedis : 10:00-18:00

Lieu et plan d'accès à Paris 3e

Galerie Perrotin - Marais, 76, rue de Turenne, 75003 Paris

Paris 3e

Google Maps
Carte de localisation de Susumu Kamijo. When I Think of You in Spring

Contact et réservations

Tarif : Gratuit

Source et informations légales

source : Que Faire à Paris
date dernière maj : 21-05-2026
credit photo : Claire Dorn. Courtesy of the artist and Perrotin

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