Et si l'histoire de l'art ne se racontait pas d'abord par les dates, mais par les émotions qu'elle fait naître ?
Et si l'histoire de l'art ne se racontait pas d'abord par les dates, mais par les émotions qu'elle fait naître ?
C'est le pari du musée Bonnat-Helleu. Depuis sa réouverture, son parcours permanent ne suit pas une chronologie mais des émotions et des questions universelles : le corps, le pouvoir, le sacré, le portrait, le paysage. À l'occasion du bicentenaire de la photographie, le musée pousse plus loin cette intuition en laissant des photographies anciennes et contemporaines venir troubler, réveiller, bouleverser ce parcours. Il ne s'agit pas de raconter l'histoire de la photographie, mais de laisser les images — peintes, sculptées, photographiées — se répondre par-delà les siècles et faire naître, chez qui les regarde, un même frisson.
À travers un accrochage inédit conçu avec les collectionneurs biarrots Charlie Baum et Isabelle Darrigrand, des photographies anciennes et contemporaines viennent dialoguer avec les œuvres du musée. Portraits, figures sacrées, corps, paysages, représentations du pouvoir ou de l'intime : ce ne sont pas des œuvres qui se croisent, ce sont des émotions qui se reconnaissent.
Ce projet s'inscrit dans l'identité même du musée. Lorsque Léon Bonnat fait don, en 1896, d'une partie de sa collection à la Ville de Bayonne afin qu'elle crée un musée des Beaux-Arts, il ne transmet pas seulement un ensemble exceptionnel d'œuvres. Il transmet un regard, une sensibilité. Plus d'un siècle plus tard, cette liberté du cœur et de l'œil demeure au fondement du musée Bonnat-Helleu.
L'accrochage proposé pour le bicentenaire de la photographie prolonge cet héritage. Il ne classe pas, il ressent. Les rapprochements naissent d'abord des formes, mais surtout de ce qu'elles remuent en nous. L'histoire de l'art se fait constellation d'images où les siècles et les noms s'effacent derrière l'émotion.