Rendez-vous le vendredi 2 octobre, pour voir Cyril Mokaiesh sur la scĂšne du Club !
Soyez vous-mĂȘme, les autres sont dĂ©jĂ pris ». AttablĂ© dans le cafĂ© de MĂ©nilmontant oĂč il Ă©crit chaque jour, Cyril Mokaiesh reprend de volĂ©e lâaphorisme fameux dâOscar Wilde pour dĂ©crire sa quinzaine (dâannĂ©es) sur le central comme dans les corridors parallĂšles de la chanson française. EntamĂ©e par le coup dâĂ©clat de _Communiste_, en 2011, aprĂšs un Ă©chauffement rock avec le quatuor qui portait son nom, cette trajectoire dâancien tennisman de haut niveau devenu tribun des salles de concerts ne sâapparente en effet Ă aucune autre. PassionnĂ©, ardent comme le feu, citoyen engagĂ©, enragĂ© parfois, et pourtant voix de sagesse, Cyril dĂ©ploie depuis ses dĂ©buts la cartographie dâun monde intranquille comme lâorigami des causes dĂ©sespĂ©rĂ©es, dont il cherche vaille que vaille les Ă©claircies et les raisons dây croire. Câest par une citation dâun contemporain ĂŽ combien Ă vif, Vincent Lindon, quâil ouvre avec la dĂ©flagration de _Regarder passer les trains_ ce huitiĂšme et nouvel album : « Je fais de mieux en mieux un mĂ©tier que jâaime de moins en moins. » Coup de blues passager ? Constat lucide en parlĂ©/chantĂ© sur la voie LĂ©o FerrĂ© face aux vents contraires de lâĂ©poque, celle des influenceurs, des bonimenteurs et des algorithmes ? Cette chanson dâhumeur non dĂ©pourvue dâhumour et dâautodĂ©rision se termine en hurlant « Bonne chance pour la suite », titre dâun album oĂč la suite, justement, vient dĂ©tromper en beautĂ© ce constat dâimpuissance. Cela faisait pas loin dâune dĂ©cennie, depuis _ClĂŽture_ (2017), que Mokaiesh ne sâĂ©tait pas retrouvĂ© seul avec lui-mĂȘme. Il a tour Ă tour sorti un album vibrant et collectif, en lien avec ses racines libanaises, mĂȘlant Ă©lectro et musique traditionnelle (_Paris-Beyrouth_, 2020), un autre de duos avec les meilleurs de ses pairs (_Dyade_, 2021), puis dĂ©livrĂ© un hommage grand format au prince des nonchalants, Georges Moustaki (_Le temps de vivre_, 2023). Ce garçon qui Ă©crit « pour ne pas finir sec, aigre et pĂ©dant » nâa jamais perdu la foi, en lâhumain comme en lui-mĂȘme. Câest la plus intransigeante des chanteuses, Anne Sylvestre, rencontrĂ©e lors dâun de ses derniers concerts au Francofolies, qui avec son « Ăcrire pour ne pas mourir » a rallumĂ© en lui lâĂ©tincelle et lâa convaincu que le plus important « câest le chemin, pas la destination;