À propos de cet événement
Exposition collective - Avant que tout ne disparaisse - Faire l'inventaire du quotidien
Les villes se transforment, se densifient, se fragmentent, se reconstruisent. Pourtant, derrière les rénovations et les chantiers permanents, persistent des traces plus discrètes : celles des gestes quotidiens, des histoires individuelles, des objets familiers et des architectures qui continuent d’habiter notre mémoire.
Un toit en tôle, une façade oubliée suffisent parfois à réveiller le souvenir d’un monde qui s’efface peu à peu. C’est cet espace fragile, entre la présence et l’absence, que les œuvres d’Addis Gezehagn, João Donato, Alain Biet et Mamadou Cissé explorent chacune à leur manière.
« Avant que tout ne disparaisse - Faire l’inventaire du quotidien » explore la ville comme un territoire de mémoire, où la construction et la déconstruction ne concernent pas seulement les bâtiments, mais aussi les expériences humaines qu’ils abritent.
Chez Addis Gezehagn, la ville est un paysage en perpétuelle mutation. Ses peintures et ses collages réalisés à partir de fragments de magazines évoquent les multiples strates de la capitale éthiopienne. Les formes architecturales s’y fragmentent, se déplacent et se recomposent, révélant les tensions entre développement urbain et disparition des quartiers et des modes de vie de ses habitants.
L’œuvre de João Donato déplace le regard vers ceux qui habitent ces espaces. Ses céramiques évoquent les migrations, les conflits et les liens qui façonnent la vie des communautés. La ville y apparaît comme un lieu de circulation, de mémoires et d’expériences partagées. Les bâtiments ne sont plus seulement des constructions : ils deviennent les témoins silencieux des vies qui s’y sont déroulées.
Depuis plus de vingt ans Alain Biet dessine inlassablement, à l’échelle 1, les objets qui entrent dans son quotidien. Par leur accumulation, ces dessins composent une archive de nos usages et de nos habitudes. Derrière chaque objet affleure une présence, une absence, une histoire. Ce qui semble ordinaire devient le témoin du temps qui passe et de ce qui disparaît.
Les dessins de Mamadou Cissé ouvrent une autre perspective. Nourri de ses lectures, de ses voyages et de son imaginaire, il crée des métropoles foisonnantes où l’architecture occupe une place centrale. Entre souvenir et invention, ces paysages urbains composent une géographie mentale où les villes réelles se mêlent aux villes rêvées.
Chez ces quatre artistes, la nostalgie n’est jamais qu’un simple regard tourné vers le passé. Elle naît de la conscience que les lieux, les bâtiments et les objets portent en eux les traces de ce qui n’est plus, mais aussi les souvenirs et les récits qui continuent de les faire vivre. Les œuvres ne cherchent pas à reconstruire ce qui a disparu ; elles en révèlent les résonances, les persistances, les échos.
Cette exposition invite à regarder autrement les villes que nous traversons. Derrière chaque mur, chaque objet, subsistent des histoires invisibles qui continuent de façonner notre manière d’habiter le monde.