Description
W LIVE PRÉSENTE : ESTL
Elle a ce raffinement d’enrubanner ses mots à la manière d’offrandes douces et palpables. ESTL, homophone de son prénom Estelle à l’ère du numérique et du langage SMS, cultive une mélancolie taillée aux ciseaux de couturière en même temps qu’elle affiche un songwriting en dentelle, impulsé par le piano et irrigué d’une élégance vibratile. Dans ses morceaux, se nichent des questionnements intérieurs et des conflits intimes, des ressentis vifs et réparateurs, des couplets d’incertitude et des refrains de lumière. L’auteure-compositrice-interprète de vingt-trois ans réclame protection à sa musique pour affronter les morsures du passé qu’appelle la nostalgie et qui s’érige déjà en obsession prégnante au sein du répertoire. Entre constat lucide de l’inexorable marche en avant du temps qui passe et illusion de projections antérieures, Te rencontrer encore embrasse le désir intense de revenir à l’aurore ardente d’une idylle, à ses premiers frissons et moments exaltants. La chanson, dont clip à la tendresse diffuse met en scène un couple gay senior, se pare d’un crescendo orchestral et de la dramaturgie du spoken word. Parce qu’elle est aussi là la particularité de cette jeune bordelaise, capable de basculer avec l’agilité du chat d’un chant sensible et aérien à un avenant phrasé-parlé qui prend des allures de missive. Du Fauve, sans tempête ni urgence incandescence ou verbe cru. Du Ben Mazué, artiste pour lequel elle a assuré deux premières parties, dans la sincérité émotive et introspective. Cabrel – pilier de son enfance et vénérée -, November Ultra, Iliona s’avancent également pour baliser le territoire. Repérée sur Instagram par Chad Boccara, producteur à la tête de Faubourg26 et alerte dénicheur de talents (Solann, Suzane, Foé, Jeanne), ESTL chante depuis ses trois ans et s’est initiée au piano à l’âge de onze ans à l’école de musique de Cestas. Chant et piano, c’est le combo de prédilection des architectes sensoriels et des rêveurs enjôleurs. Evoluant dans un environnement propice aux disciplines médicales (père anesthésiste, mère infirmière), elle tient prioritairement à aller au bout de son cycle d’études d’orthoptie avant d’effectuer le grand saut. Ce qui ne l’empêche pas de poster à rythme régulier, notamment à partir de la crise sanitaire, des reprises en piano-voix sur les réseaux sociaux (fanbase imposante : 165K sur Instagram, 428K sur TikTok) puis sur les plateformes. Au sein de l’EP huit titres Parenthèses publié l’an dernier, cette férue de crochet et puzzle y chante notamment Partir un jour, Le lundi au soleil (interprétée aussi dans l’émission Le grand échiquier). Elle y chante surtout une version renversante et d’un minimalisme épuré de Voyage Voyage. Qui se rapproche actuellement des vingts millions de streams, qui console les âmes, s’invite aux enterrements. Sa voix foudroie les oreilles de Joachim Garraud, un des ambassadeurs de la French Touch mais aussi programmateur du Bastille Day à New York. Au cours de l’été 2025, celui-ci la propulse sur une scène nichée dans Central Park devant 15 000 personnes et au sein d’un plateau partagé avec Bigflo & Oli, Bob Sinclar. Difficile de ne pas connaître plus vertigineux comme premier concert. Sur son premier titre original, lancé en éclaireur indépendamment de l’EP il y a quelques mois (Le nom des fleurs), ESTL confesse des doutes inhérents au passage à l’âge adulte. Effet miroir d’un tempérament timide et angoissé. Il y a dans ses chansons co-écrites et co-composées avec Noé Trystram - Marso intervenant également ici et là - un spleen enveloppant autour du temps qui passe (On ne rattrape pas le vent), l’affirmation sous couvert de légère ironie d’un caractère solitaire (Ce soir tu sors seul). Se dessinent aussi d’autres inquiétudes affolées et fragilités qu’on devine liées à l’enfance : sentiment de vide lorsque son petit-frère a quitté le foyer familial pour suivre des études supérieures (La chambre d’en face), peur de la maladie d’alzheimer qu’elle puisse croiser d’un peu trop près (Une dernière fois), peur obsédante de perdre ses proches et d’imaginer le pire (Les lucioles). Une plongée intérieure aux mélodies attrape-coeurs, magnétique et vibrante