Aperçu de la description
Soixante-quinze ans séparent la sonate de Beethoven et le quatuor de Brahms. Soixante-quinze ans, et un monde : si Brahms s’inscrit dans le prolongement de son aîné, il laisse en revanche pleinement éclater le romantisme que Beethoven gardait tamisé. Le 29 septembre, les musiciens de l’Orchestre national de Lyon faisaient voisiner Beethoven avec son père spirituel, Joseph Haydn. Ils mettent ici le musicien allemand en regard avec son principal héritier : Johannes Brahms. De Beethoven, Brahms a hérité de nombreux traits, en particulier un goût pour les architectures puissantes, les textures denses portées par une implacable énergie rythmique, le travail virtuose des thèmes et motifs. Dans les deux pièces ici juxtaposées, la connivence se prolonge aussi dans le caractère tourmenté qu’elles arborent l’une et l’autre : des tonalités mineures (la et do respectivement), des cordes et un piano qui additionnent ici leur fougue et se livrent ailleurs à un dialogue intense, dialogue qui chez Brahms peut frôler le combat. Le jeune Beethoven enrobe cela d’une grâce toute classique, voire, dans le scherzo, d’un sourire espiègle. Trois quarts de siècle plus tard, Brahms réalise les promesses de ce romantisme encore larvé, lui donnant sa pleine expression dans l’une de ses partitions les plus brûlantes de passion. Programme Ludwig van Beethoven, Sonate pour violon et piano n° 4, en la mineur, op. 23 Johannes Brahms, Quatuor avec piano n° 3, en do mineur, op. 60 Musiciennes et musiciens de l’ONL : Jennifer Gilbert, violon Seungeun Lee, alto Édouard Sapey-Triomphe, violoncelle Pierre Thibout, piano






