Description
Poussez la porte et traversez les années 1980 à nos jours pour découvrir l’histoire du street art de Paris à New York. À la Villette, graffitis, fresques, tags et sculptures s’étalent sur 3 600 mètres carrés et racontent comment un acte criminalisé est devenu un langage artistique influent.
De quoi ça parle ?
Ancrée dans l’impact culturel
durable du graffiti et du street art, « Beyond the Streets » n’est
pas une simple exposition, mais une véritable plateforme vivante. La
rétrospective retrace comment ce mouvement underground a redéfini les villes,
le langage, la mode, la musique et l’activisme à l’échelle mondiale.
Des rames de métro taguées aux murs
des musées et aux scènes internationales, l’expo examine la façon dont ces
artistes, qui travaillaient autrefois sans autorisation, ont transformé la
culture visuelle avec une ampleur sans précédent.
L’avis de la rédaction
Qui aurait cru que Paris exposerait un
jour des murs entiers de bombes de peinture aérosol vintage ou ferait défiler
des petits wagons de métro tagués ? C’est l’objet de cette formidable expo
à voir avant la fin du mois d’août à la Villette (19e). « Beyond the Streets » ne se limite
pas aux œuvres. Elle relate aussi celles et ceux qui ont construit cette
culture : pionniers du graffiti, explorateurs des tunnels du métro,
photographes un brin ethnologiques, collectionneurs futés. Tous et toutes
participent à honorer le passé, à faire revivre un art par nature éphémère,
dont une grande partie des traces a disparu des murs depuis longtemps. Ce qui
les a sauvées ? Leur force créative.
Chaque tag, chaque graffiti, chaque
mosaïque, chaque sculpture, chaque cliché racontent comment le street art,
forme vernaculaire de l’art contemporain, a su exprimer une certaine
réalité : occuper l’espace public en montrant sa transformation.
Téléviseurs hors d’usage, jouets en plastique, affiches de concert ou wagons de
métro, tout est laboratoire de création, tout est propice à rendre le
banal extraordinaire.
Une centaine d’artistes participe à
ce projet avec des archives majeures, comme pour rappeler que l’autre force du
street art réside dans l’engagement quasi total qui est demandé. À l’instar d’Obey
et de ses affiches détournant les codes de la propagande, de Bando qui a
réussi à faire émerger le graff à Paris en y posant des bases, ou de Maï Lucas
avec ses clichés de jeunes inconnus, tels que le groupe Assassin
ou Mc Solaar.
Mais la star de « Beyond the
streets », c’est le vinyle. C’est grâce à lui que le développement de la
culture hip-hop a pu se faire. Hormis sur les murs décrépis de certains
quartiers, où aurions-nous pu voir des tags et des graffitis ? Un énorme
pan de la rétrospective rend donc hommage aux pochettes de disques, soit une
belle façon de montrer comment la culture underground circulait avant les
réseaux sociaux… et de nous donner envie de lever un peu plus souvent les yeux
en marchant dans la rue.
Khadija M.
Sous le commissariat de Roger Gastman, historien du graffiti de renommée internationale et concepteur de « Beyond the Streets », l’expo replace le graffiti au cœur d’une perspective historique et contemporaine, honorant son caractère éphémère tout en consacrant son héritage culturel. Un concept store orchestré par la légendaire fondatrice de Colette, Sarah Andelman, est également proposé.