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Franco Fontana : Full Color
événementLa Seyne-sur-Mer
20 février 2027au23 mai 2027

Franco Fontana : Full Color

Publié par driss@vivop

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Description

C’est par une fête de lignes géométriques et une débauche de couleurs que Franco Fontana révolutionne, dès le début des années 1960, l’art de Niepce. Utilisant toutes les possibilités optiques de la …

C’est par une fête de lignes géométriques et une débauche de couleurs que Franco Fontana révolutionne, dès le début des années 1960, l’art de Niepce. Utilisant toutes les possibilités optiques de la photographie — cadrages audacieux, faible profondeur de champ, prises de vues plongeantes — il crée, par juxtaposition de teintes vives et fortement contrastées, des images minimalistes et abstraites. Ce choix de la couleur, à contre-courant d’une photographie classique en noir et blanc seule considérée comme artistique, fait de lui un précurseur.
Né le 9 décembre 1933 dans le cœur historique de Modène, issu d’une famille modeste, Fontana quitte rapidement l’école et exerce divers petits métiers : livreur, coiffeur — qu’il dut abandonner car il était allergique à la couleur ! — puis laveur de bouteilles chez un producteur de Lambrusco. C’est à l’armée, grâce à un camarade, qu’il découvre la photographie. À la fin de son service militaire, il loue un Kodak Retina 3 et réalise ses premières prises de vues, d’abord en noir et blanc, puis très vite en couleur. Autodidacte, il ne deviendra photographe professionnel qu’en 1976, à 46 ans, après avoir géré un magasin de meubles et de design et épousé, en secondes noces, Uti, la femme de sa vie.

UN CHOIX RADICAL

Jusqu’à la fin des années 1950, la photographie reste dominée par le noir et blanc. La couleur, perçue comme « vulgaire » et associée à la mode ou à la photo d’amateur, est rejetée par les grands photographes. Henri Cartier-Bresson y voit une simple « nécessité professionnelle » ; Robert Frank affirme en 1975 : « Le noir et blanc sont les couleurs de la photographie ». À ces préventions s’ajoute l’obligation de passer par un laboratoire, considérée comme une entrave à la liberté créative.
Fontana choisit pourtant l’Ektachrome — pellicule moins chère, plus rapide à développer, et qui ne nécessite pas l’envoi dans un laboratoire Kodak (il n’y en a pas à Modène en 1960). Ses couleurs sont plus douces, son grain moins fin, et il résiste mal aux altérations de la lumière : beaucoup de ses images se sont décolorées, et c’est aujourd’hui au prix d’un dépoussiérage et d’une correction colorimétrique numérique qu’on en retrouve les couleurs d’origine. Il lui restera pourtant fidèle jusqu’à l’arrivée du numérique, testant Cibachrome et Dye-transfer en simple curieux. Le souci de pérennité ne fut jamais le sien : sans l’intervention de sa fille Cristina, une grande partie de l’œuvre aurait disparu dans le sympathique fouillis de ses archives.

LES SOURCES D’UNE VISION

Dès la fin des années 1950, tout Fontana est déjà là : paysages, architectures urbaines, juxtapositions de couleurs primaires, abstraction et minimalisme. Comment l’expliquer ? Enfant, il vit parmi les façades colorées de Modène. Adepte de l’école buissonnière, il parcourt une campagne où le jaune éclatant du colza tranche sur un ciel d’un bleu intense. Auprès de son frère architecte, il s’initie au nombre d’or et au charme des lignes géométriques. « La photographie n’est pas ce que nous voyons, mais ce que nous sommes », dit-il.
Aux États-Unis, la couleur est reconnue dès 1962, lorsque John Szarkowski organise au MoMA l’exposition d’Ernst Haas, puis avec Stephen Shore (American Surfaces, 1973) et William Eggleston (1976). En Italie, où l’esthétisme néoréaliste domine, Fontana avance seul. En 1970, Lanfranco Colombo lui consacre une exposition à la galerie Il Diaframma, à Milan ; en 1971 paraît sa première monographie, Modena una Città. Dès 1975, il participe chaque année aux Rencontres de la photographie d’Arles, où il nouera de solides amitiés.

UN LIVRE PHARE : SKYLINE

En 1978, Punto e Virgola — la maison d’édition fondée à Modène par Luigi Ghirri — publie Skyline, simultanément en France aux éditions Contrejour. Le succès est immédiat : deux rééditions la même année. Par des cadrages élaborés et une rigueur de composition, Fontana crée une nouvelle grammaire de l’image : une explosion de couleurs qui pulvérise le réel. La ligne d’horizon partage l’image en plans purs ; à Comacchio, la symétrie est telle que tout repère est aboli.
On peut être tenté de rapprocher les Skylines du Color Field painting américain, mais chez Rothko la couleur révèle la lumière, alors que chez Fontana la lumière révèle la couleur. Ses paysages, débarrassés de toute référence géographique, exultent chaleur et sensualité. « Quand je photographie un paysage et que le paysage entre en moi, je fais un autoportrait. » De 1968 à 1978, toute la Méditerranée — de l’Espagne à l’Adriatique, de la Camargue à l’Émilie-Romagne — passe au tamis de cette vision.

LES ANNÉES 1980 : CONTINUITÉ ET RUPTURE

Cette écriture graphique, parvenue à maturité, s’applique désormais aux architectures urbaines : Milan, Paris, Séoul, Tokyo, mais surtout New-York, San Francisco, Los Angeles. Au téléobjectif, défiant les lois de la perspective, Fontana isole, fragmente, recompose. Ces images, où des aplats de couleurs éclatantes géométriquement agencés diffusent toute l’énergie du Nouveau Monde, annoncent le principe du collage qui structurera son travail des années 2000.
La figure humaine fait son apparition à la faveur d’un défi : en 1979, Ralph Gibson invite Fontana à participer au livre Contact Theory, à condition de travailler en noir et blanc. En photographiant Il Palazzo della Civiltà d’EUR, à Rome, il découvre l’importance de l’ombre — présence et absence du corps, mystère et inquiétude. À partir de 1982, il aborde le thème de la piscine. Là où Hockney célèbre la Californie et Meyerowitz les bords de mer crépusculaires, Fontana propose des fragments de corps féminins sur un bleu intense, comme dans un tableau surréaliste. Cette sensualité s’épanouira pleinement dans le polaroïd, qu’il manipule par grattage, collage et transfert.

AMERICA

En 2020, les Éditions Contrejour publient un volume rassemblant ses voyages dans les grandes métropoles américaines de 1985 à 2001. « Lors de mes séjours aux États-Unis, j’ai reconnu mon idée du paysage urbain ; j’ai trouvé ce qui déjà était en moi », écrit-il. Des passants — souvent des femmes vues de dos — traversent ces décors comme des silhouettes de théâtre ; la couleur s’assombrit, la géométrie domine, les individus ont la même épaisseur que leur ombre. On retrouve l’ambiance métaphysique du Palazzo della Civiltà. Loin de la Street Photography américaine — celle, vernaculaire, d’Eggleston, de Shore ou de Meyerowitz, façonnée par le pop art, le jazz et le cinéma — Fontana reste profondément classique, héritier de Masaccio, de Piero della Francesca et de De Chirico. Il intègre cependant le numérique dès sa sortie : il incruste des personnages, recompose les ombres et ravive même ses images anciennes en accentuant les contrastes.

DE LA RUE À LA ROUTE

Dès 1971, Fontana photographie en conduisant, sans regarder dans le viseur ; un long temps de pose synthétise une cinquantaine de mètres de paysage en une seule image. L’asphalte lui-même devient sujet : ses signes et son graphisme, captés de 1971 à 2005, évoquent Brassaï. La voiture l’intéresse pour sa forme, souvent à demi cachée sous une bâche, à la manière d’un Christo.
En 2001, à l’invitation de Danilo Montecchi, il s’attaque à la route 66, mythique route transcontinentale de plus de 3 600 km que Kerouac et, après lui, Edward Ruscha, Stephen Shore ou Joel Meyerowitz ont contribué à immortaliser. Le périple, mené en dix jours, donne un livre préfacé par Franco Vaccari et Michele Smargiassi, accompagné d’un journal de voyage rédigé par Valerio Massimo Manfredi. Comme ses prédécesseurs américains, Fontana n’échappe pas aux fantômes du passé, mais il sait saisir avec humour les traces du rêve américain.
Suivront El Camino (2002) et la via Appia (2003) — cette voie romaine de près de 500 km, route originelle qui préfigure depuis l’Antiquité toutes les autres, y compris la 66. L’occasion, pour Fontana, de retrouver les paysages italiens qui ont ponctué toute son œuvre et de renouer, par l’image, avec un passé à l’origine de notre civilisation.

RÉTROSPECTIVE ?

En soixante-cinq ans d’une carrière riche et variée, Franco Fontana a publié une soixantaine de livres, répondu à de très nombreuses sollicitations commerciales, organisé un festival de photographie à San Marino, animé de multiples workshops, et s’est même inscrit, pour son plaisir, dans le courant de l’art postal si admirablement illustré par les futuristes italiens. Sans théoriser son travail, Franco Fontana a toujours su le nourrir de toute une culture et dialoguer avec tous les courants artistiques majeurs du XXIᵉ siècle : surréalisme, abstraction, minimalisme, pop art… Il a été, à l’instar des photographes américains de la couleur, un précurseur et un pionnier.
Dès lors, devant cette œuvre si génialement prolifique, on peut hésiter à parler de rétrospective. Tout au plus peut-on en esquisser l’ébauche. Celle d’un photographe qui aura marqué l’histoire de la photographie et accompagné, avec la grâce d’un dilettante, l’Art contemporain.

Commissariat de l'exposition : Jean-Luc Monterosso

Horaires de l'événement

Du 20/02 au 23/05 : les mercredis, jeudis, vendredis, samedis, dimanches : 13:30-18:30

Lieu de l'événement

Villa Tamaris 295 avenue de la grande maison, 83500 La Seyne-sur-Mer, France

La Seyne-sur-Mer

Google Maps

Contact(s) & Réservations

Lieu : Villa Tamaris
295 avenue de la grande maison, 83500 La Seyne-sur-Mer, France
Tél : 0494068400
Email : villatamaris@metropoletpm.fr
Site : http://www.villatamaris.fr/

Crédit(s)

source : OpenAgenda
date dernière maj : 22-06-2026
credit photo : © FRANCO FONTANA : BASILICATA 1978

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Tous les mardis du mois d'Aout Balades contées et guignette ESCALES à Méounes-les-Montrieux à Montrieux le Hameau pour les Renc'ARTs de l’Été 2026 : Balades Contées & Guinguette ! ✨ Tous les mardis d'août à 18h30 (04/08, 11/08, 18/08 et 25/08) Aujourd'hui, nous vous invitons à découvrir nos prochaines haltes sensorielles et poétiques chez notre partenaire au cœur d'un lieu d'exception : ! Montrieux le Hameau Ancien domaine monastique de 12 hectares métamorphosé en tiers-lieu écoresponsable, solidaire et culturel au pied de la Sainte-Baume, c'est un havre de paix inspirant dédié à l'hospitalité durable, la gastronomie de saison et le ressourcement au fil de l'eau. Entre forêts, sources et pierres chargées d'histoire, ce théâtre végétal est l'écrin idéal pour se laisser porter au fil d'une balade contée. 🎭 AU PROGRAMME : BALADES CONTÉES & TEMPS CONVIVIAL 🎭 Chaque mardi d'août, partez pour une déambulation poétique contére suivie d'un moment de rencontre et d'échange à la guinguette du Domaine ! 📜 Mardi 4 août & Mardi 11 août à 18h30 🥁 « Murmures de tambour » — Claudia Mad'moiZèle La balade : « Quand le vent souffle dans les branches des arbres, on peut entendre le chant du monde. Sait-on où ces vents nous mènent ? Sait-on où ces voix nous mènent ? Portés par les histoires, à l'écoute de l'esprit des lieux, au bruissement de l'eau ou au secret d'un voyageur, les contes nous révèlent le rêve et nous relient à la magie du merveilleux. » Chaque récit est une mélodie du monde, choisie pour entrer en résonance avec l'esprit de l'instant. L'artiste : Conteuse, chanteuse et autrice, Claudia Mad’moiZèle croque les mots avec appétit pour débusquer les merveilles du monde. Ses récits en bandoulière, elle va à la rencontre de tous les publics à travers des balades contées et formes vivantes où poésie, conte et chant sont intimement liés. Une parole qui nourrit, réveille l’imaginaire, relie les êtres et redonne du sens au monde. 🌍 Mardi 18 août à 18h30 🌾 « Une poignée de contes » — Isabelle Pratali La balade : Des contes à égrener en toute proximité... C'est une Conteuse collectionneuse de sables, de terre, de pierres et de pensées en provenance de tous les pays. Ces contes, tels de petits grains collés l'un à l'autre, forment une poignée. Une poignée d'amour, d'aventure et de sagesse, afin de transmettre en toute fraternité des contes sans frontières, à collectionner pour se donner la main, libres de mouvements et de paroles. L'artiste : Isabelle Pratali est une conteuse à la sensibilité vibrante qui transforme les récits en chemins de résilience et de liberté. Bercée par le chant, l'écriture et la danse contemporaine, elle déploie sa voix avec force et poésie pour faire vibrer l'art du conte au plus près des cœurs. 🌿 Mardi 25 août à 18h30 💃 « Conte en corps » — Patricia Lionel La balade : À la croisée du conte et de la danse, ces histoires sont des invitations à ralentir, à entendre la voix discrète du vivant. Elles semblent être glanées au bord des chemins, dans le murmure des arbres ou le chant des rivières. À travers ses récits, Patricia nous rappelle que nous étions des voyageurs guidés par le souffle du monde ; elle y explore aussi le lien entre le récit et le mouvement, laissant le corps poursuivre ce que les mots murmurent. L'artiste : Patricia Lionel est une conteuse dont l'univers métissé est nourri par sa passion pour les mots, la transmission et le corps. Elle mêle la parole, le souffle et le geste pour faire de ses récits un acte de partage et de mémoire. 📌 Infos Pratiques : 📍 Où : Montrieux le Hameau, Méounes-les-Montrieux (83) 👨‍👩‍👧‍👦 Pour qui : À partir de 8 ans 💶 Tarif unique : 12 € 🍻 Détails : Suivi d'un temps de rencontre et de partage à la guinguette après la balade. 🎟️ Réservations obligatoires : Billetterie HelloAsso accessible via notre site : https://terredeparoles.jimdofree.com/ 🔔 RAPPEL Le festival itinérant "Les Renc'ARTs" ce sera tout l'été du 30 juillet au 25 août 2026 avec des structrures parteanaires ! Pour ces rendez-vous, la Cie Souffleuses d’Âmes vous embarque pour un voyage poétique unique entre terre et mer. Au rendez-vous de cette édition : 3 artistes inspirées pour vous faire vibrer à travers des spectacles de contes et de merveilleuses balades contées. Des moments suspendus pour (re)découvrir notre patrimoine local, suivis de délicieuses parenthèses gourmandes et partagées. 📍 Suivez le fil de nos escales artistiques : Fréjus | Garéoult | Gassin | Les Arcs-sur-Argens | Lorgues | Méounes-les-Montrieux | Roquebrune-sur-Argens | Tourtour 👉 Découvrez la programmation complète et réservez vite vos places ! https://terredeparoles.jimdofree.com/

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