Description
Le festival Piano aux Jacobins est un événement musical international qui se déroule chaque automne au cœur du cloître du Couvent des Jacobins à Toulouse. Sa programmation est dédiée au piano
LE FESTIVAL INTERNATIONAL PIANO AUX JACOBINS
Chaque année, la ville de Toulouse s'anime d'un rituel culturel attendu : les plus grands pianistes du monde et les jeunes prodiges de demain convergent vers le Couvent des Jacobins.
Fondé à la fin des années 1970, ce festival n'est pas une simple succession de concerts académiques. Il est une expérience sensorielle totale, un espace de liberté stylistique et un conservatoire à ciel ouvert des dynamiques du piano mondial. En mariant la rigueur architecturale du gothique languedocien à la fluidité changeante de l’interprétation pianistique, l'événement a bâti une réputation internationale qui dépasse largement les frontières de l'Occitanie et de la France.
Pour comprendre l'impact actuel de Piano aux Jacobins, il est nécessaire de replonger dans le contexte de sa création. Nous sommes en 1979-1980. Toulouse est une ville en pleine mutation, portée par l'essor de l'industrie aéronautique, mais son paysage culturel est encore très institutionnel. Deux passionnés de musique et de patrimoine, Paul-Arnaud Péjouan et Catherine d'Argoubet, font un pari qui semble alors audacieux, voire insensé : installer un piano de concert au milieu d'un monument historique alors en pleine restauration et proposer des récitals de piano seul.
À l'époque, le concept de festival thématique centré uniquement sur un instrument est encore rare. Le public est habitué aux formations orchestrales ou à la musique de chambre dans des salles de concert traditionnelles à l'acoustique standardisée. Les premières éditions du festival agissent comme un électrochoc. En investissant le Couvent des Jacobins, les fondateurs ne cherchent pas seulement un décor décoratif ; ils cherchent une résonance, un dialogue entre la pierre séculaire et la réverbération des cordes.
De décennie en décennie, le festival a grandi sans jamais trahir son manifeste d'origine : l'excellence sans l'élitisme, la curiosité permanente et le respect absolu de l'artiste. Il a survécu aux crises économiques, aux mutations du marché du disque classique et aux renouvellements de générations de spectateurs, s'imposant comme le plus ancien festival de piano en France à se dérouler dans un cadre historique de cette importance.
Le Couvent des Jacobins est un chef-d’œuvre absolu de l’art gothique des XIIIe et XIVe siècles. Construit entièrement en briques — ce matériau pauvre magnifié par les bâtisseurs toulousains —, il frappe par l'austérité de ses lignes extérieures et la majesté de ses volumes intérieurs, symbolisés par le célèbre "palmier", un pilier unique d'où s'élancent les nervures de la voûte.
Toutefois, pour le festival, c’est le Cloître qui constitue le cœur battant de l'expérience. Couronné par des galeries aux colonnettes de marbre double, le cloître entoure un jardin central. C'est ici, sous le ciel étoilé de septembre, que le piano est installé.
Chaque édition est une cartographie de la littérature pianistique. On y entend la clarté polyphonique de l’ère baroque, la rigueur architecturale du classicisme viennois, les élans passionnés du romantisme allemand et la délicatesse coloriste de la musique française du début du siècle dernier (Fauré, Debussy, Ravel).
Les pianistes sont encouragés à construire des programmes thématiques.
Piano Jacobins rassemble des artistes de toutes générations. Vadym Kholodenko, Pierre-Laurent Aimard, Jonathan Biss, Jean-François Heisser : certains d’entre eux ne sont plus à présenter, mais il en est beaucoup aussi à découvrir, qui trouveront cette année l’occasion de leurs débuts, en France ou aux Jacobins.
Grâce à la confiance que lui témoigne son public curieux et fidèle, le Festival Piano Jacobins programme de jeunes pianistes tels que Magdalene Ho, Nabeel Hayek, Ilyun Burkev, Ignasi Cambra, mais peut aussi recevoir des artistes comme Elisabeth Pion, en collaboration avec le Palazzetto Bru Zane et Anna Petrova-Forster, toutes deux dans des programmes très originaux.
Si une totale liberté est laissée aux artistes dans le choix des thématiques, reflet de leur personnalité, chaque œuvre du programme est élaborée d’un commun accord. De véritables voyages musicaux et poétiques à travers les époques et les styles attendent une fois de plus l’auditeur …
Artiste plasticienne, Andra Samelson s’associe à la 47ème édition. Établie à New York, elle s’inspire depuis longtemps du mystère des sphères et des constellations. Autant dire que son imaginaire résonne en parfaite harmonie avec la voûte céleste de la salle capitulaire du Cloître des Jacobins.
L’ADN Jazz des Jacobins
Le jazz n'est pas traité ici comme un faire-valoir ou une simple caution d'ouverture d'esprit en fin de festival. Il est intégré au cœur même de la programmation. Le piano jazz, avec sa culture de l’improvisation, du rythme et de la réécriture instantanée, trouve dans le cloître un écho particulier.
C'est ainsi que la 47ème édition du festival accueille des artistes jazz de premier plan tels que Paul Lay et Kara Martinez. La liberté propre au jazz se confronte à la solennité du lieu, produisant une tension artistique unique où l'instant présent devient roi. Les frontières s'effacent : le public de classique découvre la rigueur harmonique du jazz, tandis que les amateurs de jazz se laissent séduire par la virtuosité technique des pianistes classiques.
Horaires de l'événement
Du 08/09 au 15/09 : les lundis, mardis, mercredis, jeudis, vendredis : 20:00-22:00
Du 17/09 au 25/09 : les mardis, jeudis, vendredis : 20:00-22:00
Du 26/09 au 30/09 : les lundis, mardis, mercredis, samedis : 20:00-22:00