Pour sa treizième édition, le Festival de photographie Présence(s) de Montélimar choisit de mettre à l’honneur la création photographique suisse.
Port de plaisance de Viviers : ALLES IN ORDNUNG
Alles in Ordnung, « Tout est en ordre », permet à Nicolas Faure de traduire visuellement des situations où semble pourtant régner la confusion, l’incongru et le désordre. À travers un cadrage d’une grande rigueur formelle, l’artiste ne se contente pas de documenter le chaos : il le réorganise. Ce qui paraît accidentel, instable ou désordonné devient alors un paysage contemporain. C’est en témoin attentif de ces métamorphoses que Nicolas Faure arpente le monde à la lisière du reportage et de la tradition de la peinture paysagère. Par l’acte photographique, figé dans l’illusion d’un présent éternel, l’image devient alors le lieu d’une tension entre permanence et impermanence, entre-deux d’où le photographe guette les mouvements de son monde et nous le révèle.
Belvédère de Châteauvieux : UNE PHOTO PAR JOUR
Le collectif est composé de photographes amateurs et professionnels qui mettent en ligne quotidiennement une image prise le jour même sur :
www.unephotoparjour.ch/ Partager son regard sur le monde, son environnement immédiat avec d’autres est le but de ce site. Le photographe livre à sa guise son point de vue, carré, couleur, noir blanc ou flou, en petits picto-poèmes, agrémentés, au gré de chacun, de textes, d’annotations ou de légendes.
Une image chaque jour, c’est contraindre à la vigilance le regard, c’est s’arrêter, reculer, cadrer, réfléchir et cueillir un instant : c’est nourrir de lumière le désir, par les yeux, et l’animer… Des milliers d’images plus tard, le collectif propose une sélection d’images représentatives de sa capacité à capter le monde, vu de la Suisse ou d’ailleurs.
La seule contrainte des membres du collectif est d’enchaîner, jour après jour, des images les unes aux autres, de sorte que se déroule un chapelet photographique ininterrompu sur lequel on peut naviguer comme bon nous semble. Au-delà de ces babils prolifiques (être prolifique c’est bien sûr être inégal !) rayonne un quotidien tricoté d’anecdotes qui n’exténue en rien l’élan photographique. Les uns bousculent le réel parfois avec impertinence, certains se contentent de cueillir les instants comme ils viennent, d’autres mêlent autodérision et création. Mais pour chaque membre, invariablement, ce rituel quotidien est devenu essentiel.