L’Orchestre national de Lyon et Nikolaj Szeps-Znaider hissent les voiles avec les Sea Pictures d’Elgar, avant la Symphonie n° 5 de Mahler : deux magnifiques métaphores de la vie, dans ce qu’elle a parfois d’agité mais aussi de plus exaltant.
Avec ses Sea Pictures [Marines], Elgar nous offre l’un des plus beaux cycles de mélodies du répertoire anglais. Il rassemble les poèmes de cinq auteurs, parmi lesquels sa bien-aimée épouse Alice, qui nous emmène à Capri. Une berceuse, une terrible tempête, un port, le large : une vie entière se résume au fil des marées. Ce périple nous conduit jusqu’à la Cinquième Symphonie de Mahler, compositeur qui naquit en Bohême et grandit en Moravie avant de faire carrière à Budapest, puis à Vienne : «Je suis trois fois étranger sur la terre !, se plaignait-il. Comme natif de Bohême en Autriche, comme Autrichien en Allemagne, comme juif dans le monde entier.» La Cinquième Symphonie, qui démarre par une marche funèbre pour conjurer les temps de tristesse, est un tourbillon de vie. Si Mahler composa le quatrième mouvement, un Adagietto pour cordes, comme un chant d’amour à sa jeune épouse, Alma Schindler, impossible de ne pas y superposer aujourd’hui les images du film de Luchino Visconti Mort à Venise : la lagune, un désir inavouable, la mort.
Programme
Edward Elgar, Sea Pictures, op. 37
Gustav Mahler, Symphonie n° 5, en do dièse mineur
Distribution
Orchestre national de Lyon
Nikolaj Szeps-Znaider, direction
Catriona Morison, alto