Aperçu de la description
À travers une sélection d’œuvres issues des collections patrimoniales bisontines, l’exposition revient sur les débuts de ce nouveau médium et sur sa capacité, dès le XIXe siècle, à retenir les êtres et les lieux dans un monde en transformation. Cette exposition trouve naturellement sa place au musée du Temps, dont les collections invitent à interroger notre rapport au temps. À ses débuts, la photographie bouleverse le rapport aux images et au temps ; elle semble capable de restituer le monde tel qu’il est, avec une précision inédite, et de conserver uniquement ce que le temps condamne à disparaître. Mais peut-on vraiment saisir un instant ? Les premières photographies nécessitent de longs temps de pose : les modèles doivent rester immobiles tandis que les passants et le mouvement des villes s’effacent ou deviennent fantomatiques. Plus qu’un instant, les images enregistrent alors une durée, prélevant un fragment de temps. Cette capacité à fixer une présence fait rapidement de la photographie un outil privilégié de la mémoire. Le portrait, longtemps réservé à l’aristocratie et à la riche bourgeoisie, se démocratise au fil des décennies. Pose, vêtements, décor et accessoires sont soigneusement mis en scène pour composer une image de soi. Avec la diffusion des procédés sur papier et la multiplication des tirages, les portraits circulent et rejoignent des albums de famille où se côtoient les visages des proches et des disparus. À mesure que les appareils de prise de vue se diffusent, la photographie s’immisce dans la vie quotidienne et accompagne les grands comme les petits moments de l’existence, transformant peu à peu l’album familial en un récit visuel du temps qui passe. Cette fonction mémorielle s’étend également aux villes. La photographie devient, dans la seconde moitié du XIXe siècle, un témoin privilégié des transformations urbaines. Avec une précision inédite, elle enregistre rues, monuments et paysages avant qu’ils ne soient modifiés ou ne disparaissent. Les plus anciennes vues de Besançon témoignent d’une ville en pleine évolution ; elles montrent les quais du Doubs avant leur réaménagement, des monuments avant leur transformation mais aussi les chantiers et les constructions nouvelles. Ainsi, en fixant les êtres et les lieux, la photographie donne une forme visible au temps qui passe. Deux siècles après son invention, la centaine de photographies réunies au musée du Temps invite à mesurer comment ce médium a changé notre manière de regarder, de conserver et de transmettre la mémoire.









